top of page
Rechercher

Le temps des illusions touche à sa fin

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Ce titre a une double lecture. Bien sûr que nous pouvons être déçus par l'atelier participatif communal du lundi 15 juin, notamment par l'orientation qui semble vouloir être donnée par la Municipalité pour cette nouvelle planification.


Mais restons positifs ! L'idée d'une zone de reproduction laissée libre,notamment pour la reproduction des batraciens semble être acquise et l'effet délétère des 14 immeubles initialement projetés est maintenant enfin admis sauf - peut-être - par les propriétaires : atteintes XXL aux arbres forestiers, à la biodiversité et au paysage. Cette fois ce sont les professionnels, urbanistes et biologistes, qui le disent et ça change tout !


Illustration : salamandre tachetée croisée à la Valleyre - photo @Julien Voegtli


Pendant des années, les défenseurs du vallon de la Valleyre et les associations comme MontAvenir ont alerté sur les conséquences environnementales d'une urbanisation de ce site exceptionnel. Trop souvent, leurs inquiétudes ont été présentées comme excessives face aux promesses d'un projet prétendument exemplaire sur le plan écologique. On nous vendait un "projet modèle", un projet que les autres communes nous enviaient (sic).


Aujourd'hui, le débat a considérablement évolué. La richesse écologique du vallon, la présence d'espèces menacées - à protéger en application de la Loi fédérale -, son rôle de corridor biologique, la qualité de ses paysages et l'importance de préserver les espaces naturels de proximité sont désormais largement reconnus. Les impacts qu'aurait une urbanisation massive sur la biodiversité, les sols, les arbres et les équilibres naturels sont maintenant impossible à ignorer. Dans la présentation qui nous a été faite lundi soir, le plan de quartier actuel (toujours en vigueur) est noté 0,5 sur 4 pour la préservation des qualités biologiques d'ensemble par les urbanistes de Repetti, expert indépendant mandaté par la Commune du Mont.


Le projet initial, pensé au début des années 2000, n'a plus aucune chance d'aboutir en l'état, et il est important de le dire.


Au fil des études et des documents mis à l'enquête, il est apparu que les atteintes au patrimoine arboré étaient bien plus importantes que ce qui avait initialement été présenté, et donc perçu par une partie de la population. Au-delà du simple décompte des arbres concernés, c'est la disparition progressive d'un écosystème cohérent et mature qui inquiète les défenseurs du vallon. Un arbre centenaire ne se remplace pas par quelques plantations compensatoires.


Nous arrivons donc au terme de la principale illusion, localement relayée au Mont par le comité d'opposition à l'initiative qu'il convient de nommer, car il ne devrait pas s'agit d'un secret un peu honteux qu'on n'assumerait que dans les cercles proches (et plus du tout dans le contexte des élections communales) :

  • M. Olivier Balmer, futur municipal,

  • Mme Arianne Annen Devaud ancienne pdte du Conseil communal et épouse d'un futur municipal,

  • M. Barry Lopez, nouveau pdt de l'Alliance Montaine,

  • Mme Anne-Sophie Hamoir vice-pdte de l'Alliance montaine,

  • M. Marc Maillard, pdt du PLR Le Mont.

Il est maintenant clair que ce positionnement, aussi respectable que très politicien, était parfois empreint d'une profonde méconnaissance du dossier. Nul n'est parfait, mais peut-être aurait-il été opportun que les trois nouveaux municipaux aient jugé bon d''écouter ce que les professionnels avaient à dire et ce que les Montaines et Montains en pensent, même si cela va à l'encontre de leurs propres dogmes et croyances.


Aujourd'hui encore les investisseurs restent convaincus (ou du moins expriment) que leur projet est parfaitement éco-responsable. Là aussi, il s'agit de nommer les promettants acquéreurs des parcelles (potentiels futurs propriétaires si elles sont confirmées constructibles) :

  • Swiss opportunity real estate (Gefiswiss SA),

  • Florabelle SA,

  • Tramontante Investissement,

  • Galland et Cie.

    Ces investisseurs ont continué à se vendre des immeubles virtuels malgré l'arrêt du Tribunal qui légalisait l'initiative et l'avertissement très explicite dans l'arrêt rendu (risques de pertes des sommes investies). Il ne faut pas venir pleurer après une bonne partie de Monopoly faite les yeux bandés. Un bon investisseur se doit avant tout d'être lucide.


L'avenir de la Valleyre reste à écrire. Mais une chose semble acquise : la préservation de ce vallon n'est plus une revendication marginale. Elle est devenue un enjeu majeur pour toutes celles et ceux qui souhaitent transmettre aux générations futures un patrimoine naturel vivant et intact.


Au fond, la question dépasse largement le seul cadre d'un projet immobilier écocide qui s'est toujours caché derrière le "il faut construire". Elle interroge notre capacité collective à reconnaître les limites de l'urbanisation lorsque celle-ci menace des milieux naturels rares, des espèces vulnérables et un patrimoine paysager irremplaçable. La Valleyre est devenue le symbole d'un choix de société : préserver ce qui fait encore la richesse du vivant ou accepter sa disparition progressive au nom d'un développement dont les conséquences seront, elles, irréversibles. Il n'est jamais trop tard pour le comprendre et ouvrir enfin les yeux.


La Municipalité l'a fait lundi, la nouvelle municipalité aura 5 ans pour le faire. Finalement le rendez-vous raté de la future municipalité avec la population n'est que remis à plus tard.

Le charme de l'illusion est rompu, espérons que celui la confiance envers le politique ne soit pas, elle aussi, emportée dans la tourmente.



 
 
 

Commentaires


bottom of page